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Sans Lilly ni Pedro

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Je suis Ahmed Malhouf, l’épicier du quartier. Je possède la petite boutique au coin de la rue. Tout le monde m’appelle Ahmed. Pas la peine d’en rajouter davantage à mon sujet. Je vous ai déjà présenté ma famille (voir « Lily et Pedro »).
Rien n’a changé ici. Pourtant ce n’est plus la même chose. Lily ne travaille plus à la boutique de fleurs juste à côté. Depuis près d’un mois… J’ai reçu une lettre d’elle aujourd’hui. Elle se trouve en Patagonie au fin fond de l’Amérique du Sud. Elle y est partie avec un ami photographe. D’après ce que j’ai compris, il s’agit d’un contrat bien payé avec un magazine animalier sur la faune et la flore aux alentours du Cap Horn. D’après ce qu’elle raconte, elle a l’air heureuse là-bas. Le gars avec qui elle est s’appelle Pedro. J’ai bien l’impression que c’est le type que j’ai vu à la boutique il y a quelques mois. Belle histoire que la leur. Lily dit qu’elle ne sait pas de quoi l’avenir sera fait mais qu’elle déguste chaque jour sa dose de bonheur quotidien. Elle me dit aussi que Pedro semble heureux avec elle. Entre leurs randonnées dans ce monde sauvage et extrême, et l’accueil fabuleux chez l’habitant, ils vivent quelque chose d’intense. J’espère que j’aurais d’autres nouvelles… En attendant, c’est la fille de la gérante qui a pris le relais à la boutique de fleurs. L’amie de Lily vient de temps en temps acheter des fleurs, elle passe aussi au magasin pour quelques courses. Toujours souriante et aussi toujours pressée, comme à son habitude. Voilà, c’est une autre vie qui commence. C’est incroyable comme tout change quand un simple élément de vie disparaît du quotidien.
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...

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Mon nom? Alfred... Un peu à la dérive ces derniers temps depuis qu'Elle est sortie de ma vie. Dix ans de vie commune ça s'efface pas comme ça. Depuis son départ j'me r'trouve planté dans mes pompes à me demander comment tuer le temps lorsque, le soir, seul dans mon deux pièces, j'me r'passe le film en me demandant ce qui a bien pu merder entre nous... En plus, je viens de ruiner ma bagnole. Une folle tordue m'a percuté sur le parking du supermarché. J'pensais qu'on f'rait genre 50-50 au niveau des responsabilités mais son mec, une armoire, vigile dans ce foutu supermarché, en a décidé autrement ... maître chien de son état, un clébard avec un four à bidoche comme ça, qu'est-ce que vous auriez fait à ma place?... Mais pourquoi diable ai-je donc sècher la gym au bahut?
J'ai comme un goût de "t'es dans une période sombre mon pote et t'as pas fini d'en chier" dans la bouche...

Dernière modification le 12-07-2013 à 02:35:57
Ouam

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Je pose les valises. Je cherche mes clés, où j'ai bien pu les mettre. Ca y est me voilà chez moi, dans mon appart!!!Anna, moi c'est Anna. Je suis venue ici pour mon stage dans un agence de pub. Ma responsable de stage, Julie, a l'air hyper speed, vu la dernière conversation téléphonique que l'on a eu. Elle a duré une heure sauf qu'on s'est parlé 2min, elle fût entrecoupée de multiples doubles appels! Enfin elle a l'air sympa.
Du coup, j'ai du me trouver un petit appart c'est ma tante qui me l'a trouvé, son ancienne employée est partie en Patagonie je crois et elle a du laisser l'appartement.
Ca faisait trop loin de la maison et puis ça me permet de couper un peu le cordon, un peu d'indépendance. Faut que je me trouve un ptit boulot aussi, c'est pas mon stage qui va me nourrir. J'ai vu un bar dans la rue, il y a du monde le soir peut-être qu'ils auraient besoin d'une serveuse. On verra ça demain! Bon c'est pas tout mais j'ai des valises à défaire...

Dernière modification le 04-11-2008 à 02:05:58

Dernière modification le 04-11-2008 à 02:06:07

Dernière modification le 04-11-2008 à 02:06:30

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Ca fait combien de temps que je vis comme ça?? ca fait combien de temps que je donne le change par de l'hyperactivité et que je dissimule tous mes maux en brassant un maximum d'air? comme si ça pouvait combler le vide que je trouve le soir dans mon appart! J'ai des tas de numeros dans mon portable, quelques fois je fais du ménage dans le répertoire, pour pouvoir y ajouter de nouveaux numeros inutiles...
Je l'attends sans l'attendre, ce déclic, ce vent qui fera tourner ma vie. Je croiserai peut être un visage qui me laissera une impression plus tenace que toutes ces ombres, partenaires fugaces de dialogues superficiels...
Je dis bonjour à tout le monde au boulot, et je me demande ce que ça changerait pour eux si je n'étais pas là...
"Comment ça va Julie?" Me demande sans me regarder l'assistante de direction. Elle n'attend même pas ma réponse et reprend sa besogne
Tiens...la nouvelle stagiaire..., elle est encore plus jeune que la dernière. Qu'est ce qu'elle vient faire dans cette galère???

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"Le Bar du Vieux Léon". Mon père tient ce café depuis belle lurette. Un héritage par un oncle qu'il ne connaissait pas ou à peine, Léon. Mon père, c'était un soixante-huitard attardé. Paris. Les barricades. Le quartier latin. Il avait connu tout ça, tout entier plongé dans ses rêves d'un autre monde et dans ses études d'histoire de l' art. Dans les amphis de la Sorbonne aux plafonds recouverts de fresques, les études avaient un goût de marche fleurie où la connaissance rimait avec la révolte et l'utopie. Puis il a été artiste, troubadour, a fait mille petits métiers... avant de poser ses bagages, fatigué du poids trop lourd d'espoirs qui s'envolent en fumée de gaz lacrymogènes ou en brouillard givrant les matins d'hiver. Et il y a eu ce petit café dans une grande ville du sud. Un petit quartier sympa avec Ahmed l'épicier du coin, un quartier en pleine rénovation où les vieux immeubles se transforment en bureaux comme celui d'en face, occupé à présent par une agence de pub. Le passé s'efface peu à peu au profit d'un ordre économique nouveau qui ne redonne en rien à mon père son espérance aux images de la beat generation ou du printemps de Prague. Les manifs contre la Guerre du Viet-Nam, les slogans "Ouvrez les yeux !: Fermez la télé !". Tout ça c'est bien fini pour lui. Encore pire quand l'écran s'allume sur des émissions de voyeurisme malsain. Moi, Marco, son fils, je l'aide de plus en plus. Je suis même certain que d'ici quelque temps, c'est moi qui reprendrait l'affaire. Je sens mon père fatigué. Je lui ai proposé qu'on embauche une serveuse et qu'il prenne plus de temps pour lui. "Pour quoi faire ?" qu'il a dit. Je sais pourtant qu'il a compris que je le comprends. Je sais qu'il m'a entendu et qu'il va réfléchir à ce que je lui ai dit. J'aimerais lui montrer que cet avenir qu'il redoute est rempli de petites flammes bien vivantes, et quand elles s'allumeront toutes ensemble, cela fera un grand feu qui le rechauffera lui-aussi...

Dernière modification le 05-11-2008 à 13:15:18
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...

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Hier, j'ai croisé la nana qui vient d'emménager en face de chez moi. Elle portait un gros carton...
- Je peux vous aider?
- Avec joie, qu'elle m'a répondu.
Le carton déposé sur le palier, quelques mots échangés sur la tranquilité du quartier, j'ai regagné mon antre.
Elle a l'air discrète. Pas comme l'ancienne locataire... C'était un défilé perpétuel. Il y avait toujours pas mal de monde dans cet appart'. Je crois qu'elle est partie à l'étranger, c'est du moins ce que m'a confié Mme Marspacci. Elle, c'est la concierge. Une grosse dame qui parle fort, avec des grands gestes. Elle me fait penser à ces culbutos que les enfants bousculent en riant. Je crois qu'elle m'aime bien Mme Marspacci. Elle me dépose souvent à manger chez moi... des restes de la veille...
- 'faut qui mange M Pincho -c'est moi- sinon 'y va finir tout sec dans un coin à broyer du noir.


Dernière modification le 12-07-2013 à 02:39:53
Ouam

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Bip Bip Bip! Foutu réveil! encore 5 minutes...aaahhhh j'ai bien dormi! l'appart est bien ensoleillé...mais il est quel heure?! Oh p... Anna allez ma belle tu as 1/2 heure pour te préparer et ne pas arriver en retard (tant que possible) à ton 1er jour de stage. VIte une douche, les vêtements mais il est où est ce foutu pull (quand je suis énervée je dis beaucoup foutu), un peu de maquillage histoire de ne pas avoir l'air trop fatiguée, le sac , la veste, c'est bon j'y vais. Je ferme la porte...alors les clés?ah non, non et m... je les ai laissées à l'intérieur normal. Bon on verra ça ce soir avec Mme Marspacci ou avec tantine. Je dévale les escaliers, j'ai 18min pour arriver en bas de la rue. Je passe en courant devant le bar, il faudra que j'y aille ce soir, je continue ma course, traverse la rue en regardant à peine, je manque de m'embroncher à la laisse d'un yorkshire (foutu bestiole), je cours je cours, je vois les portes vitrées à quelques mètres et bing je percute un piéton! Une espèce de grande rousse aux cheveux longs, elle a l'air à la fois triste, contrariée (par moi sans doute!) et un peu pimbêche. "Je suis vraiment désolée, je ne vous ai pas vue. En plus, je vous ai sali votre chemisier, je suis navrée!" Malgré, sa colère avec un regard qui en dit long, elle réussit à me dire un "ce n'est rien" qui a l'air plutôt sincère. Je rentre dans le grand bâtiment vitré, ça tranche avec l'extérieur de la rue qui a gardé un côté authentique.
Je me rappelle plus jeune quand on allait rendre visite à ma tante, on allait ici même il y avait un parc, où tout le quartier se retrouvait. Il y avait des petits vieux assis sur un banc et quand sonnait 14h, ils se levaient et entamaient une partie de pétanque, les enfants qui criaient et se disputaient la balançoire. Je les entends tous presque encore. Ma tante m'a dit que lorsque les travaux allaient débuter le quartier avait manifesté mais un bâtiment vitré avec des centaines de bureau rapporte plus qu'un vulgaire parc avec des noms gravés sur leurs arbres.
Je cours vers l'ascenseur, non finalement je prendrais le prochain...J'ai l'impression de me retrouver aux heures de pointe à l'entrée de la voie rapide quand je vais à la fac. Il faut dire aussi que l'ascenseur qu'ils ont prévu et petit par rapport à tous les bureaux qui ont été construits, il devait ne plus y avoir de place.
Alors que j'attends que les petits points lumineux atteignent le "rdc", la grande rousse de tout à l'heure se plante à côté de moi. Il faut que je lui dise quelque chose, je vais bosser 8 mois ça serait mal venu de se mettre une personne à dos dès le 1e jour. Et puis c'est souvent dans les endroits les plus grands que tout se sait. Il suffit qu'une personne soit au courant et on en entend parler jusqu'au bout du couloir! "Je suis vraiment désolée pour tout à l'heure" [i][/i](à toi steph)

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Diane, l'assistante de direction me désigne de la main la nouvelle stagiaire...
"Voilà, c'est Anna, elle va t'assister dans tes prochaines campagnes"
Puis elle se tourne vers Anna et lui dit d'un ton sec "voilà, je vous laisse avec Julie, et à l'avenir, regardez devant vous quand vous marchez!" Elle tourne les talons renvoyant de la bain ses longs cheveux flamboyants balancer le long de son dos.

"Vous avez réussi à contrarier l'assistante de direction après seulement 2 minutes dans l'immeuble???Je vous felicite c'est un record!"
Face à son mutisme gêné, je culpabilise et tente de la rassurer
"Ne vous inquiétez pas, elle est comme ça avec tout le monde, il ne faut pas y faire attention. Bon, j'ai une présentation importante à faire à un client demain matin, donc il faut finaliser les dernières lignes aujourd'hui. Vous vous sentez d'attaque? On risque de terminer tard ce soir, vous n'êtes pas forcée de rester, mais ce serait profitable si vous voulez apprendre. J'ai donné rendez vous au photographe à 19 au café du coin. Vous êtes disponible?"

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Dernière modification le 12-07-2013 à 02:38:38
Ouam

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Il pleut dehors, mais c’est une chouette soirée ! Ce soir le bar est rempli de monde. Un gars du nom d’Alfred propose sa musique festive. C’est un auteur compositeur qui est venu il y a trois semaines pour savoir s’il pouvait venir jouer ici. L’idée m’a plu tout de suite. Je me suis dit que ça ferait plaisir à mon père. Des chansons à la guitare, genre fiesta café concert, c’est le genre de truc pour lui redonner le moral ne serait-ce qu’une soirée. Et ça marche !!!
Il est là, mon père, tout sourire derrière le zinc à discuter avec un vieux pote à lui tandis qu’Alfred balance ses chants un rien provocateur, un peu anar sur les bords.
Il y a beaucoup de gens du quartier. Des habitués aussi, et même du personnel de la boite de pub d’en face, entre autres, une des responsables, une fille toujours speed d’habitude. Mais là, elle est étonnamment apaisée. Parfois, on l’entend partir d’un grand éclat de rire. Le concert a l’air de lui plaire. Comme à sa voisine, une stagiaire d’après ce que j’ai compris. Une jeune femme qui n’est là que pour quelques semaines. Il paraît qu’elle loge dans le même immeuble qu’Alfred. Ahmed l’épicier est aussi venu faire un tour avec sa femme et ses enfants. C’est rare qu’il se déplace ainsi. Ça me fait un drôle d’effet de le voir ailleurs que dans son magasin. A force de le voir ouvert du matin jusqu’à tard le soir (vers les 11 heures - minuit), j’ai presque besoin de me pincer pour le croire. Ça me fait plaisir de le savoir ici. Il fait partie de notre petite famille locale.
Une bande de jeunes gens débarque à son tour. Ils s’étaient perdus et avaient tourné pendant une bonne demi-heure avant de trouver le bar. Ils sont complètement trempés, mais heureux d’être arrivés. Ils racontent à qui veut les entendre qu’ils se sont retrouvés sur le parking du MacDo à l’autre bout de la ville parce qu’ils ont pris la mauvaise sortie en débouchant de la rocade. Arrivés devant le magasin Leclerc, ils ont compris que ce n’était pas la bonne direction. Un copain à eux est venu les chercher et les a ramenés à bon port, un black qui vient souvent ici.
C’est vraiment un chouette de quartier, une sorte de petit village sans la campagne autour.
Et Alfred continue à bien délirer sur la petite scène que j’ai installée au fond du bar. Le public rit souvent. Vraiment ! Chouette soirée ! Il pleut dehors, mais qu’est-ce qu’on est bien à l’intérieur. Comme si on était tous au coin d’un bon feu bien chaud, entre amis. En plus, question monnaie, ça rentre pas mal. Il a eu raison de venir me demander Alfred.
Vraiment ! Chouette soirée !!!


Dernière modification le 09-11-2008 à 11:57:46
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...

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Tiens c'est le gars qui m'a aidé à porter mes cartons, c'est marrant dans ce quartier tous les gens se croisent comme si quelque part un lien les unissait!"Juste deux minutes Julie, il faut que j'aille parler au patron, j'ai besoin d'un boulot, on ne sait jamais peut-être qu'il cherche quelqu'un". Je m'approche du bar, et demande au gars qui se trouve derrière "excusez-moi? excusez-moi!!...Bonsoir, c'est vous le patron?"..."je viens d'arriver dans le quartier et je suis là pour plusieurs mois"..."j'ai besoin d'un travail, j'ai déjà travaillé comme serveuse l'été", il ne s'arrête jamais c'est pas possible je n'arrête pas de le suivre de l'autre côté du bar "en plus j'habite juste à côté, au-dessus de la boutique de fleurs, vous ne chercherez pas quelqu'un?"

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C’est marrant comme les hasards font bien les choses. Cette fille qui me demande pour un boulot de serveuse. Elle vient régulièrement prendre un café avec sa responsable, une certaine Julie. J’avais bien vu par l’intérêt qu’elle portait au bar que quelque chose lui trottait dans la tête. C’était donc ça : un boulot de serveuse. Même l’autre jour quand elle est venue avec Julie pour un rendez-vous avec un photographe. Elle tournait souvent la tête autour d’elle. Si elle avait eu la tête de l’emploi, j’aurais presque cru qu’elle travaillait pour les Renseignements Généraux. J’ai arrêté vite fait ma parano. Je n’en ai même pas parlé à mon père. Les RG, c’est le pendant sombre de ses années manifs. Et puis Julie l’a ramenée au sujet du jour. Un travail efficace. Un contrat bien négocié. Le photographe en est resté comme deux ronds de flan. Julie est venue me voir juste après le départ du gars. Elle était tout sourire. La campagne de pub pourra commencer dans trois semaines, les délais seront tenus.

Elle n’est pas toujours comme ça Julie. Un soir, après le boulot, elle est venue prendre un café. C’est rare qu’elle vienne à cette heure. Elle était toute seule. Moi, j’essuyais les verres derrière le comptoir. Et elle m’a raconté qu’elle était crevée, qu’elle prendrait bien des vacances. Son récit était ponctué de silences. Des silences remplis de mots plus vrais que ceux qu’elles disaient tout haut. J’ai pas l’air comme ça, mais je sais entendre les mots du silence. Il suffit de regarder dans les yeux absents, de voir le corps qui s’affaisse, avec le poids trop lourd des questions ou des regrets. Je l’ai écoutée sans trop rien dire, Julie, juste dit quelques mots pour signifier que je la comprenais. Finalement, elle m’a payé et elle a dit merci. J’ai pas bien compris pourquoi. Peut-être qu’elle avait besoin que quelqu’un l’écoute quelques minutes, histoire d’arrêter le temps. Ça sert aussi à ça une pause café.

Pour l’heure, c’est Anna que j’ai en face de moi. Oui, elle s’appelle Anna, c’est ce qu’elle me dit à trois reprises. Avec le bruit et la musique je n’avais pas bien entendu. La soirée bat son plein. Tous les clients qui le désiraient sont maintenant servis. Je m’arrête enfin derrière le zinc. Je lui dis que sa proposition m’intéresse. Je lui explique, malgré le haut niveau de décibels, que nous aurions sans doute besoin de quelqu’un d’ici une ou deux semaines. Il faut que j’en parle à mon père, le vrai propriétaire du Vieux Léon.

Sans rien en laisser paraître à Anna, je me laisse aller à penser qu’une présence féminine, ce serait parfait pour le bar. Ça apporterait une certaine atmosphère apaisée et fluide, loin de la dureté latente de notre monde d'hommes qu'une femme a laissé autrefois en s'évanouissant un jour brutalement. Pour mon père ce serait une façon de redonner vie à notre famille. Ma mère est décédée il y a bien longtemps déjà (ça aussi, ce fut difficile pour lui ; ça a sans doute enfoncé le clou), et je sais qu’il aurait aimé avoir une fille de cette femme qu'il a profondément aimée. Oui. A y penser, ce serait une bonne chose d’embaucher cette nana.


Dernière modification le 12-11-2008 à 14:16:36
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Pauvre Marco. Il n’en laisse rien paraître, mais il essaie en vain de m’apporter ce à quoi je ne crois plus. Je suis très fier de mon fils, et parfois je m’en veux de lui renvoyer ma lassitude et mon désenchantement. Je fais beaucoup d’efforts pour que cela ne devienne pas insupportable. Je dois être un père particulièrement dur à vivre.

Marco sait qui j’ai été dans ma jeunesse, ce à quoi j’ai cru dans toute l’intensité de ma chair, de ma conscience et de aussi de mon inconscience. Je ne regrette rien, bien au contraire. Ce furent les plus belles années de ma vie. En combattant l’injustice, on se sentait exister. On construisait des mondes sans doute utopiques, mais on voyait loin. On voyait les hommes sur tous les continents, pas comme des chinois, des vietnamiens, des angolais, des chiliens, des kanaks, des tchèques, des gens avec une nationalité et des frontières. Mais des gens tout courts, peut-être avec une couleur de peau différente, un langage différent, mais ce sont des hommes comme nous, sur la même planète. De ces combats de ma jeunesse, ce sont ces voyages-là qui me sont restés.

A présent, derrière le zinc, je me suis enfermé derrière une petite frontière à hauteur de taille, sur laquelle je m’accoude, tout comme j’y pose les verres et les bouteilles pour les clients. Le bar du Vieux Léon, c’est aussi un territoire avec sa ligne de démarcation faite de baies vitrées, avec sa vie à l’intérieur, et dehors d’autres vies qui passent sans s’arrêter.

Marco veut ouvrir tout cela. L’idée du concert, c’est pour briser les murs. Il a de bonnes idées mon fils. Et puis une serveuse pourquoi pas. Je pourrais aller voir l’autre monde, celui que j’ai délaissé depuis trop longtemps.

Quand je pense que Marco s’évertue à vouloir faire vivre le Vieux Léon. Rien que pour moi. Fait-il autre chose de sa vie ? Y a-t-il une fille dans son existence ? Je ne sais même pas. Il ne m’en parle jamais. Les garçons de son âge, ça rencontre des filles. Quand je lui en parle, il élude le sujet. Pauvre gosse. A son âge, il y a d’autres choses à faire que de s’occuper de son père.
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...

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Deux semaines que je fais ce stage est je suis déjà sur les rotules, je ne sais pas comment elle fait Julie pour tenir le coup. Elle est très sympa, hyper speed mais très sympa, elle marche au café! Elle a un côté triste, je l'observe des fois elle a l'esprit ailleurs. Elle ne parle pas beaucoup d'elle. Je lui proposerais de manger avec moi ce soir ou d'aller boire un verre "au vieux Léon", c'est mon anniversaire aujourd'hui et je n'ai pas envie de le passer toute seule, ma tante et ma cousine étant absentes. Finalement je vais tous les jours à pied au boulot, j'y ai pris goût et puis le quartier est sympa. Ca fait commencer la journée agréablement. Tiens ce matin, je vais apporter du café à Julie et à la Directrice j'arriverais peut-être à lui arracher un sourire à celle-là. Est-ce-que j'ai les clés? Oui...c'est bon je peux fermer la porte. (Steph écris la suite...)

Dernière modification le 21-11-2008 à 20:39:28

Dernière modification le 21-11-2008 à 20:39:57

Dernière modification le 21-11-2008 à 20:40:15

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Le temps n'efface rien, je suis partie plusieurs semaines pour oublier mais j'ai du revenir dans ce quartier à cause du boulot, je travaille à l'école, je suis Elsa la maîtresse des CE1 et l'ex de Alfred, alors voilà maintenant faut trouver un appart et l'oublier...
Une histoire de 10ans peut-elle s'oublier? Je sais que l'on ne vivait pas sur la même planète tous les deux, lui avec son boulot à mi-temps et son côté saltimbanque et moi avec mon poste d'instit à l'école du quartier et mon côté très carré. Pourtant c'est ce qui m'a plu chez lui quand on s'est rencontré, un artiste waouh! Il m'a emmené sur la lune, à l'autre bout du monde en me parlant de ses projets, de ses rêves. Il m'a écrit des chansons...Mais quand les choses n'avancent pas et stagnent, il faut trouver une solution alors je suis partie...Oui j'ai fui, c'était peut-être lâche mais c'était la seule chose que j'avais trouvé. Une discussion? Il y en a trop eu. J'en avais assez de ses "le mi-temps c'est juste pour me permettre de me lancer dans la musique, ça me laissera du temps pour composer, trouver des dates...". Je n'étais pas contre mais au bout de 3 ans rien n'avait aboutit. Je ne pouvais plus me projeter avec lui parce-que professionnellement, il n'était pas stable, parce-qu'il me promettait des choses qu'il ne tenait pas. Je n'avais plus confiance en lui. J'ai vu qu'il jouait au "Vieux Léon", il s'est enfin lancé, il a fallu que je parte pour qu'il le fasse...Ou alors c'est peut-être moi qui l'empêchait d'avancer. Un artiste, ça a besoin de solitude, de temps pour trouver l'inspiration... Non Laura, tu l'as trop fait ça, lui trouver des excuses ça suffit. Moi, j'ai envie d'autre chose, que notre histoire prenne un autre tournant, me marier pour porter son nom, faire des voyages, du camping, faire le tour de la France, aller en Bourgogne, avoir des enfants. C'est la seule promesse qu'il a tenu...et il ne le sait pas... Dois-je lui dire qu'il va être papa?

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Mon père s'est enfin décidé : il est d'accord pour que j'embauche quelqu'un. "Marco, il m'a dit, je crois que t'as raison. C'est une bonne idée la serveuse". Il m'a souri puis est reparti vaquer à ses occupations. Pas besoin de détails supplémentaires. Je le connais assez. C'est comme s'il m'avait donné carte blanche.

Tiens justement, je vois les filles de l'agence de com' qui traversent la rue en direction du bar. J'espère qu'Anna sera encore disponible...
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...

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Dernière modification le 12-07-2013 à 02:38:15
Ouam

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"Bonsoir, une table pour deux s'il vous plaît", en nou sapprochant de la table "alors vous avez réfléchi pour ma propoition? pour le boulot?"...le suite pour Pascal

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