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Pedro,Lily...and co

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Bon, on va tenter une petite expérience, mais c'est avant tout "pour le fun" (et oui comme la catégorie l'indique!)
Alors, chacun va choisir un perso, son nom, son caractère, sa vie...etc, et ensuite on va essayer de les relier par une histoire et d'ecrire quelques dialogues! Ca vous branche????

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ok je vais essayer. Je m'appelle Lilly, j'ai 27 ans, je vis seule dans mon petit appart que je paie avec mon petit salaire de fleuriste! Cela fait bien longtemps que je ne suis pas tombée amoureuse malgré les nombreux rdv organisés par mes amis, je n'ai eu aucune histoire sérieuse depuis plusieurs années parce que je n'arrive pas à oublier mon amour de jeunesse parti trop tôt! mon rêve vivre une aventure qui me changerait de mon quotidien dans lequel je suis tombé!Mon caractére: réveuse, étourdie, j'ai du mal à m'ouvrir aux autres on dit que je suis un peu froide au premier abord, de nature plutot zen il m'en faut beaucoup pour m'énerver et je pardonne assez facilement quand se sont ceux que j'aime!

Mon nom est Pedro. Pedro ? ça vous étonne. Non je ne suis pas hispanique, ni sud-américain. C'est juste que mon père, français, est journaliste free lance. Ma mère, française aussi, est écrivaine. Ils se sont rencontrés à Buenos-Aires, Argentine. Le coup de foudre. Aussi vrai que dans les romans. Un truc d'artiste. Une façon hors du commun d'approcher l'amour, de parler d'amour, de vivre d'amour. Moi, je suis né de cette histoire d'amour franco-hispanophone, d'une histoire un peu folle, même complètement folle. Pas étonnant qu'on me prenne pour un rêveur, un utopiste. On ne me prend pas vraiment au sérieux. ça m'est égal, toutes les avancées du monde sont venus des utopistes qui prenaient leur rêves pour des réalités. A 29 ans, j'hésite encore dans la marche à suivre. J'écris pour des petits journaux par ci, par là. Quelques photos de contrées dont tout le monde s'en fout, avec leurs petits conflits dans lesquels les morts ne sont pas assez nombreux pour qu'on en parle. Bref quelques piges qui ne paient pas très bien. ça m'est égal, je rencontre plein de gens sympas et des vies que je n'aurais jamais imaginées.
Côté amour, ça va , ça vient. Rien de vraiment convaincant. Des trucs plus ou moins forts. Des moments fabuleux et puis d'autres profonds et sombres comme des gouffres jamais explorés.
Mais bon, le jour se lève chaque matin, avec sa lumière et je me dis que c'est une chance de plus qui m'est donnée. Alors je prends mon sac à dos, mon carnet de notes et mon stylo, mon appareil-photos et vogue la galère. je ne sais pas ce que je trouverai sur mon chemin, mais forcément je trouverai quelque chose qui vaut le coup d'être vécu.

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Voilà encore une journée qui se termine!une journée qui ressemble à bien d'autre...heureusement le soleil est présent et apporte sa petite note de gaieté. Mes amis m'ont encore arranger un rdv, l'horreur, faut vriment qu'ils s'arrêtent!!!!!Parfois je me demande si ils me connaissent vraiment, non franchement vous trouvez que je m'entendrais bien avec un gars qui passe ces soirées en boite et qui a une voiture qui brille (même le moteur!), je ne crois pas!Ou alors suis-je si désespérante que ça!!!Cette fois c'était la dernière, le bonheur je préfère qu'il me tombe dessus, c'est comme cela que nous l'apprécions le plus. Moi le bonheur je le vois passer tout les jours ou plutôt j'y contribue, entre les bouquets de roses pour une déclaration d'amour, les compositions pour des anniversaires ou des fêtes...
Je me suis inscrite à un stage de photographie c'est une cliente qui m'a convaincu, elle dit que ça permet de voir le monde et les choses différemment, je veux bien tenter l'expérience et développer mon côté créatif. En attendant, je pars quelques jours en vacances chez une amie, elle se marie et je vous le donne en mille, c'est moi qui va faire son bouquet!!!!

Gros coup de bol ! Un pote photographe qui organise des stages a besoin d'un deuxième formateur. D'après ce que j'ai compris le groupe est assez important, une quinzaine de personnes.
- Pedro, il m'a dit, je sais que tu t'y connais. Il me faut d'urgence un gars capable d'emmener un groupe pour faire du cadrage lors d'une balade dans l'arrière-pays.
C'est le genre de plan qui me plaît bien. Nature, grand air, c'est pas mal payé. Bien à priori. Vu l'état de mes finances, je ne vais pas cracher dessus. Des plans comme ça, ça ne se refuse pas. Et puis en général, les gens qui s'inscrivent dans ce genre de stage sont plutôt sympas. Pas des frimeurs qui vont se la jouer avec des appareils dernier cri en se prenant pour Depardon ou Doisneau.
Cette nouvelle m'a mis de bonne humeur. En plus il fait beau. Après une semaine de grisaille, il semblerait que le temps a aussi compris qu'un peu d'optimisme était nécessaire à la bonne marche du monde. A présent, je dois aller chez un couple d'amis qui m'ont invité pour fêter leur nouvel appart. Je vais passer chez un fleuriste. Un beau bouquet fera plaisir à Marie, la femme de Jean-Marc. Elle adore les fleurs.

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Ce mariage était une merveille, beaucoup d'amour et de joie, peut être un peu nian nian mais ça fait du bien de voir qu'il y a des histoires dignes d'un conte de fée autour de nous! J'ai attrapé son bouquet,les bouquets c'est pas ce qui me manquent, je me serais bien passé de celui-là! En plus, toutes ses tantes sont venues une par une me dire: "alors c'est toi la prochaine?" "tu as attrapé le bouquet, tu te maries avant la fin de l'année". Je déteste ça, d'autant que mon amie a 8 tantes!!!!...Non mais...non...à cet heure-ci un client, les gens sont vraiment des sans gênes, je suis dans cette boutique depuis 7h du matin et j'aimerais bien rentrer chez moi. Bon on va lui dire que c'est fermé en plus c'est le cas.
"Bonsoir,Monsieur, je suis navrée mais la boutique est fermée"...(la suite pour Pedro)

…qu’elle dit la fleuriste. Vu l’heure, effectivement, je n’ai aucune chance de trouver un autre fleuriste ouvert ce soir. Je ne vais quand même pas arriver les mains vides chez Marie et Jean-Marc. J’imagine : je leur dis que je m’y suis pris au dernier moment, que le magasin était fermé. Jean-Marc va me rire au nez et m’envoyer un truc du genre : « ça c’est bien toi. Heureusement qu’on te connaît. On sait au moins que tu pensais à nous. ». Et il va en rajouter une couche sur les artistes et les baladins, toujours à rêvasser ou à imaginer un nouveau projet. Ils ne m’en voudront pas, mais quand même, ça la foutrait mal.
Non. Je dois absolument leur ramener un bouquet. Il faut que j’insiste auprès de la fleuriste. Le ton de sa voix était un peu froid, voire même agacé. Elle bosse peut-être depuis tôt ce matin. Elle a peut-être envie de rentrer chez elle. Je la comprends. Pourtant quelque chose me dit, d’après son regard, qu’elle pourrait comprendre un type comme moi, lui vendre vite fait un petit bouquet et ne pas trop m’en vouloir.
- J’imagine bien que vous avez envie de fermer. Mais s’il vous plait, soyez chic. Laissez-moi cinq petites minutes. Juste pour un petit bouquet, même un déjà préparé. Je me vois mal arriver chez mes copains sans rien pour inaugurer leur nouvel appart…. S’il vous plait…
Et je lui fais le petit sourire du gars désolé. Je n’ai pas à me forcer car je le suis vraiment, autant pour moi que pour elle.

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Dernière modification le 23-06-2008 à 11:59:02

Dernière modification le 12-07-2013 à 02:41:39
Ouam

ça fait soixante ans que j'habite le quartier. J'y suis venu avec mes parents. j'avais alors tout juste quinze ans. A présent je ne peux plus guère marcher. Juste quelques courses à l'épicerie d'Ahmed au coin de la rue. C'est quelqu'un de très gentil. Très serviable. Il vient de Tizi Ouzou, de l'autre côté de le Méditerranée. Et son magasin est ouvert jusqu'à une heure du matin, même le dimanche. Parfois, je me demande quand il dort.
- Marguerite, il me dit quand je viens, ce sera quoi aujourd'hui ? J'ai du bon fromage de Savoie, direct de chez le producteur.
Ahmed sait que j'adore les laitages. Tous les soirs vers sept heures, je bois un verre de lait en regardant par la fenêtre vers la rue. Tiens justement ce soir, juste en face, devant la magasin de fleurs, il y a un jeune homme qui passe sur le trottoir la mine défaite puis tourne au coin de la rue, tandis qu'un autre, l'air tranquille, discute depuis un moment avec la fleuriste. De ma fenêtre je ne comprends pas bien ce qu'ils se disent. Quand le garçon est arrivé, elle n'avait pas l'air contente. A présent ils ont l'air de bien rigoler. Je ne sais pas ce qu'il lui raconte...

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Il est 19h10 et j'arrive à la boutique de Lily, j'espère qu'elle n'est pas trop en colère pour mon retard! Je ne m'en fais pas trop, les amis c'est toujours compréhensif, enfin si on ne pousse pas le bouchon trop loin!Normalement elle me dira simplement d'un air grognon "Isa! on avait dit 18h30!"J'ai l'impression d'être toujours stressée, toujours préssée. Je suis un citron, un petit citron qui n'aura bientôt plus de jus! Même à renfort de caféine (je ne fume pas et je ne bois pas, mais le kawa c'est ma came) je sens bien que je ne tiens plus le rythme. Je fais ce qu'il faut pour que personne ne le remarque, surtout au travail. Je me démène comme une folle pour obtenir la direction d'une grosse campagne de pub pour une importante marque de sodas. Nous sommes deux sur les rangs, donc pas question de flancher ni de dévoiler la moindre faiblesse. Les relations amoureuses, je fais une croix dessus pour l'instant, j'ai pas assez de temps pour ça. De toutes façons, le problème ne se pose pas, la plupart du temps, je fais peur aux hommes...Je gagne ma vie toute seule, j'assume totalement de ne voir un homme que pour le sexe, et je suis très tatillon au sujet de mon indépendance...pourtant je croyais que les hommes n'aimait pas qu'on les colle??!
Et mince! j'ai dépassé la rue, j'ai la tête ailleurs...j'étais en train de penser que j'avais toujours pas trouvé de photographe pour ma campagne en cours. Je me gare enfin!Je vais pouvoir me poser un peu, avec Lily, on a dit qu'on se ferait un petit resto toutes les deux pour papoter entre filles!

Dernière modification le 25-06-2008 à 12:24:00

Dernière modification le 25-06-2008 à 12:41:00

Eclatante cette nana au milieu de ses fleurs, avec un humour pince-sans-rire bien placé. Et elle finit par "J'suis vraiment étourdie, pas trop le sens des affaires". Elle a failli oublier de me faire payer. J'ai mon bouquet et en plus j'ai passé un bon moment chez cette fleuriste. Super sympa...

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"je suppose que vos amis ont prévu à l'avance d'emménager vous auriez dû en faite de même pour vos fleurs!" J'y suis peut être aller un peu fort mais quand je suis énervée je ne maitrise plus mes mots alors qu'en la fatigue s'en mêle n'en parlons pas! Il a l'air désolé quand même, a doit être un photographe ou un journaliste il a un appareil photo de pro et un carnet à la main, un artiste en somme, on ne peut pas lui en vouloir de s'y prendre au dernier moment! Il a l'air fatigué certainement autant que moi!...Ah non pas le regard de chien battu en plus il a de beaux yeux, c'est un coup bas! Il va me faire culpabiliser...Lilly ne te laisse pas intimider...Bon ça va...je vais avoir ça sur ma conscience sinon..."c'est bon entrez...vous voulez quoi comme bouquet? vous avez une préférence sur la couleur? les fleurs? si je peux me permettre je vous conseille celui-ci"

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..."ah excusez-moi deux minutes" c'est Julie, je l'avais oubliée tellement elle est en retard "entre, je finis avec le monsieur et je ferme sau si un retardataire arrive..." Il a un sourire en coin craquant et une allure pas des plus désagréables simple et un peu négligé qui donne beaucoup de charme...Pensée personnelle garder tout ceci pour soi et ne pas en formuler un seul à Julie, elle serait capable de le pister pour connaître juste son prénom! "tenez voilà votre bouquet...Aurevoir..." et zut quelle idiote! "désolée , je suis un peu étourdie et je n'ai pas le sens des affaires si bien que j'aurais pu vous laisser partir sans payer que ça ne m'aurait pas déranger!" Il m"a destabilisée ou je rêve... "Aurevoir et bonne soirée"...Rencontre fort sympathique, si toutes mes journée de travail pouvaient se finir sur une note comme celle-ci! Bon cette foi je ferme le boutique et c'est parti pour une soirée papote...A laquelle j'aurais droit à la liste déraillée de toutes les conquêtes de Julie...si seulement je pouvais en parler moi aussi...au moins d'une...Enfin! "c'est bon Julie, on peut y aller, je suis prête!"

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Dernière modification le 12-07-2013 à 02:42:16
Ouam

« Mon petit Pedro, t’as trouvé une fleuriste vraiment sympa». OK j’me parle tout seul. Et après ? Ça fait toujours du bien d’accepter le dialogue avec soi-même. Parfois on découvre qu’on porte en soi des idées tout à fait inattendues. Des morceaux de mémoire d’un lieu, d’une personne, d’un moment auxquels on ne pensait pas avoir prêté de l’attention. On doit être encombré de ces images. C’est peut-être ça qui ressort dans nos rêves nocturnes. Là, maintenant en allant chez Marie et Jean-Marc (avec mon bouquet !), je repense à ce magasin de fleurs, à cette nana vraiment sympa, même si l’accueil a été un rien culpabilisant. « Je suppose que vos amis ont prévu à l’avance d’emménager. Vous auriez dû en faire de même pour vos fleurs ». Sur le coup j’ai failli repartir illico. Mais bon, il me fallait absolument ce bouquet pour Marie et Jean-Marc. Et puis, j’ai considéré, histoire de ne pas me sentir trop con, que c’était une forme d’humour. Finalement, j’ai eu raison d’insister. J’ai touché la corde sensible de la fleuriste. Tiens, je vais l’appeler « la Sensible ». Pour moi, elle sera « la Sensible ». Je ne sais pas si c’est mon côté artiste qui l’a touché, mais elle m’a vendu un bouquet qu’elle a composé avec sacrément de goût. Elle aussi, ce doit être une artiste. Une artiste qui s’ignore peut-être, mais c’en est une. Mon bouquet va faire un sacré effet quand je vais arriver chez les potes. Je ne vais surtout pas leur raconter que je l’ai acheté au dernier moment. Pour une fois que j’aurais l’air d’un gars prévoyant.
Tiens j’y repense, il y avait une autre nana dans la boutique, celle qui est arrivée en courant. Ce devait une copine de la fleuriste. En tous cas elle reluquait mon appareil photo. Pourquoi ? Elle n’a jamais vu de photographe ? Elle avait l’air un peu speed, genre nana très occupée, style businesswoman…
Ah voilà ! J’y suis. Tines leur boîte aux lettres a changé. Je ne vais quand même pas prendre l’ascenseur pour monter au premier…
Voilà c’est bon. Allez Pedro sonne ! Je suis sûr que Marie va être contente pour le bouquet… Ouais, elle était jolie la fleuriste…

Quand j’étais enfant à Tizi Ouzou, des quelques souvenirs qu’il me reste (Je n’avais qu’à peine cinq ans quand j’en suis parti), je garde des images d’enfants de toutes les couleurs jouant ensemble dans les rues. Mon père Iliès travaillait pour Gabriel Latour, un entrepreneur français installé là-bas. Ils étaient devenus très amis. Aussi, quand la Guerre d’Algérie a éclaté, ils en ont été très meurtris tous les deux. Plutôt que de choisir chacun le camp qui devait leur correspondre, ils n’en ont choisi aucun. Et c’est comme ça que je me suis retrouvé de l’autre côté de la Méditerranée. Pour ma mère et mon père, ce n’était pas vraiment leur place. Mais nulle part n’était leur place. C’est par les contacts avec la famille restée là-bas que s’est reconstruit le lien avec nos origines. Bien sûr je me sens de là-bas, dans mon âme, dans ma chair. Mais je suis aussi d’ici. Dans cette ville. Dans ma petite boutique du coin de la rue. Avec ma femme Saliha, nous habitons l’appartement au-dessus du magasin.
Affectueusement, les gens m’appellent le « petit arabe du coin ». Il n’y a pas de racisme dans ces propos, je le sais. Je suis celui qui ouvre tôt le matin et tard le soir, même le dimanche. Je vends des légumes et des fruits frais, les petites choses qui ne nécessitent pas une virée pénible au supermarché. Je rends de petits services. En somme, je suis le service public local de l’alimentaire. Je suis aussi connu sous le nom d’Ahmed. Je connais bien les gens du quartier. Parfois je fais office de confident. Les gens solitaires ont besoin de vider leur sac d’amertume, de temps en temps, pour, en échange, le remplir d’alimentaire. La vieille Marguerite par exemple. Quand elle vient, elle s’assied sur ma chaise et je m’occupe d’aller chercher ce dont elle a besoin. J’ai l’impression d’être un fils pour elle. Je sais qu’elle regarde régulièrement vers le magasin, voir s’il y a de la lumière. Pour elle, la lumière du magasin, c’est la vie qui continue. Et puis il y a aussi ce jeune type dont je ne connais pas le nom. Avant il venait avec une belle fille aux yeux verts. Elle s’appelait Laura. Je le sais, car j’ai entendu le gars l’appeler dans le magasin. Depuis quelque temps, il vient seul. Il a la mine déconfite. Je n’ose pas lui demander, mais j’ai l’impression que la fille est partie. Je ne l’ai plus revue dans le quartier depuis bientôt une semaine.
Par contre, question filles, il y a la petite Lilly, la fleuriste. D’apparence, elle peut apparaître un peu froide. Mais quand on la connaît (elle vient souvent acheter des bricoles pour manger entre midi et deux), on découvre quelqu’un de très souriant, d’agréable, et aux grandes qualités humaines. Je ne sais pas s’il y a un garçon dans sa vie. Mais le gars qui a croisé ou croisera sa route, il a ou aura beaucoup de chance.

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je m'appelle Ace. En fait mon vrai nom c'est Eric mais vu que je porte des chemises Hawaiennes mes amis m'appellent Ace, rapport à Ace Ventura. En plus, c'est plus exotique et çà plait aux nanas, alors je ne m'en plains pas.
je suis sur le chemin d'une petite ville du sud où j'ai vu le jour et que j'ai quitté voilà huit ans pour exercer ma profession de coiffeur dans la capitale. Je ne regrette pas: aujourd'hui j'ai trois salons dont un sur les Champs. J'avoue même que je me serais passé de ce petit voyage. Mais je ne pouvais pas laisser Tom ainsi.
Si Tom est mon petit copain? Coiffeur ne signifie pas forcément que l'on est gay!Vous avez vraiment des préjugés à la con!
Tom est mon ami d'enfance, et tout allé très bien jusqu'à que cette garce de Laura se barre du jour au lendemain en claquant la porte.
J'ai jamais pu me l'encadrais, j'avais raison!


La forêt n'est brûlée que par ses propres arbres

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"bonsoir ahmed". Ahmed c'est l'épicier du quartier, il est juste à coté de la boutique. J'ai l'impression qu'il ne ferme jamais son magasin et qu'il a toujours habité là. Il est adorable et quand j'achète mon casse croute, il a toujours un mot gentil et un fruit à m'offrir, ses pêches sont délicieuses!!!
"Alors Julie, tu l'as revu le gars de la dernière fois, pour un fois que tu rencontres quelqu'un de normal!!!"

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Bien entendu, je lui ai dit cela avec humour. Jamais je ne me permettrais de juger les relations de mes clientes, encore moins les siennes. D'une part, je ne suis pas son père (et même si je l'étais, je n'aurais pas à le faire). D'autre part, elle mène la vie qu'elle veut. Je les avais vu de ma boutique. Ils rigolaient bien tous les deux. Le petit numéro du gars implorant la clémence d'une fleuriste semblait lui plaire. Je m'en suis quand même voulu un peu de lui avoir posé cette question. Mais, je suis certain qu'elle ne m'en voudra pas. Nos relations sont suffisamment bonnes pour qu'on se permette quelques petits pics amicaux de temps en temps. Nous avons établi des liens de confiance. Nous sommes à la fois fournisseurs et clients de l'autre. Elle vient s'approvisionner dans mon épicerie pour les repas du midi(et aussi rapidement pour le dîner certains soirs après son travail). Moi, de mon côté, je lui commande régulièrement des bouquets, entre autres le dernier pour l'anniversaire de mariage de Saliha et moi. On se connaît donc suffisamment bien pour oser quelques taquineries.
A ma question sur le gars de la dernière fois, elle me répond :
- Le gars qu'est arrivé à l'heure de la fermeture ? Il était juste venu acheter des fleurs. On a bien rigolé. Il avait l'air sympa. Mais ce n'est pas à priori ce qu'on peut appeler une rencontre. Je ne le connais pas...
Elle hésite, réfléchit un instant, puis me regarde, et elle ajoute.... (la suite pour Lilly)
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...

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"Pour tout vous dire Ahmed, je l'ai trouvé craquant! c'est le genre de gars, je parle de l'allure biensûr, qui m'attire, mais bon c'était juste un client! c'est pas une rencontre comme je vous l'ai dit tout à l'heure, sinon j'en ferais un paquet de rencontres!!!" Il est curieux, je l'aime bien Ahmed. On se taquine souvent, mais gentillement. "Tu sais je vais arrêter de chercher l'AMOUR...non je n'ai pas fait une croix dessus, mais pour le moment j'ai décidé de penser à moi avant de penser à Lui. Et puis je pense que l'amour, le vrai il ne faut pas le chercher, il te tombe dessus sans que tu t'en rendes compte. Ca s'est passé comme ça avec Gabriel, on était jeune certes, mais nous nous sommes trouvés comme ça, sans forcer le destin." Ca fait bizarre de dire son prénom, ca fait lomngtemps que je ne l'ai pas prononcé bien que je pense à lui très souvent...C'est peut-être le signe que je commence à penser à autre chose... tant mieux, l'accident remonte à 6 ans maintenant.
"non ce n'est pas un conte de fée ou une histoire tirée des milles et une nuit, vous demanderez à Saliha, je suis sure qu'elle pense comme moi. J'aime croire que celui que je vais aimer et quelque part, peut-être la rue d'à côté ou dans une autre ville, mais qu'il y a quelqu'un pour moi qui me correspond et à qui je correspond. Il faut laisser faire le temps, c'est ma nouvelle devise!!! Allez j'y retourne, bon après-midi".
Le temps de radouci, l'automne approche ça se sent. J'aime pas cette saison, bien que pour les fleuristes c'est une bonne période grâce à la toussaint. Le temps est plus triste et les gens aussi, il n'y a qu'à regarder ce gars à la terrasse entrain de manger ses moules frites, seul, il a l'air d'en vouloir à la terre entière, il a surement ses raisons. Il habite en face de la boutique je crois, il a certainement une peine de coeur. Avant il vivait avec une jolie fille et puis un jour, alors que j'étais avec Ahmed à son magasin, on l'a vu sortir de l'immeuble avec des valises et partir à toute vitesse en voiture et lui à la fenêtre la tête dans ses mains. Je vais lui adresser un bonjour, ça lui fera peut-être plaisir. "Bonjour", c'est à peine si il a levé la tête...
Ah je viens de recevoir un message de Julie, elle veut qu'on se voit ce soir. La dernière fois je n'ai même pas eu besoin de me retenir de lui parler du client "craquant", tellement qu'elle a parlé. Au moins elle m'a fait penser à autre chose. Je vais lui répondre qu'elle peut venir à la maison, il faut que je fasses ma valise pour mon stage de photographie, je pars ce we! Ca va me faire un peu des vacances.

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Mon pote Franck qui organise le stage photo m’a demandé de venir le rejoindre la veille au soir sur le lieu pour qu’on peaufine ensemble les derniers détails de la prise en charge des stagiaires. C’est une grande maison dans l’arrière-pays. Elle appartenait autrefois à sa grand-mère qui, à sa mort, la lui a léguée. Aussitôt, Franck en a fait une maison associative qui accueille toutes sortes d’animations culturelles, photo bien sûr (il y a plusieurs salles au sous-sol aménagées pour le développement et le tirage papier), mais aussi théâtre (une troupe de Marseille y a passé un week-end pour répéter leur pièce « En quatre lettres » qui a été jouée au Théâtre Sainte-Marguerite dans la cité phocéenne), musique, danse, sculpture et peinture. Bref une « grande » petite maison de la culture en pleine cambrousse. Le lieu est connu dans toute la région et les réservations pour les stages sont déjà effectives pour plus d’un an. Les stagiaires logent dans de jolies chambres avec poutres apparentes sous les toits. Des chambres de deux ou trois lits. D’autres stagiaires viennent camper dans le champ juste derrière la maison, avec vue sur le vallon et la rivière. Le truc classe quoi !
Merci Mamie !
Dans toute cette programmation très chargée, Franck se réserve quelques créneaux pour ses propres animations comme ce stage photo. Il ne pensait pas que les inscrits dépasseraient la dizaine, aussi, la douzaine passée il a fait appel à moi. Finalement ils seront quinze à être encadrés. D’après les fiches, ce sont des personnes de tous âges et de toutes professions. On trouve des jeunes de 20 à 30 ans jusqu’à certaines personnes très âgées, entre autres un homme de 78 ans. Parmi les professions, on trouve bien sûr des enseignants, des animateurs de MJC, des documentalistes, quelques secrétaires, deux retraités, aussi un pompier, un boulanger et une fleuriste. On a prévu plein de choses. Je sens que ça va être très chouette.
Vivement demain !



Voilà le soir qui arrive, avec un magnifique coucher de soleil sur les collines. Avec Franck, on va s'asseoir sur le petit muret et on cause jusqu'à très tard. De tout et de rien. Des trucs de vieux copains qui ont bourlingué...

Dernière modification le 15-07-2008 à 22:21:20

Dernière modification le 15-07-2008 à 22:22:15
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...

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"Lily! J'ai la tête qui va éclater! Je n'ai plus que 15 jours pour faire la maquette que le boss m'a demandée, et je n'ai toujours pas de photographe, ni de modèle masculin. On m'a bien envoyé quelques mannequins, mais c'est pas du tout ce que je cherche...en fait je ne sais pas ce que je cherche, mais quand il sera en face de moi, je saurai que c'était ça, tu vois ce que je veux dire??" Là j'ai peur de la saouler avec mes histoires de boulot...c'est quand même fou que j'arrive pas à parler d'autre chose.En même temps, mon médecin m'a conseillé d'extérioriser mon stress pour éviter de somatiser, mais si je deviens lourde et que mes amis préfere une soirée télé plutôt qu'un resto avec moi, je tacherai de changer de sujet, et tant pis pour les maux de ventre! J'aimerai débrancher la prise, déconnecter mon cerveau, ne serait-ce qu'une minute. Un cocktail de fruits frais (banane /fraise de préférence), une plage et surtout l'absence totale de lignes téléphoniques, voilà ce qu'il me faudrait! Mais ce n'est pas vraiment au programme...Ca ira mieux demain, ça se calmera à la clotûre du dossier, cet hiver, dans six mois, ce soir quand je dormirai, dans deux mois...jamais? Se sentir bien...ça ne devrait pas être remis au lendemain.

Dernière modification le 16-07-2008 à 15:37:08

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ça fait du bien de pouvoir se dire qu'on a un travail, un logement, un "patron" sympa, qu'on s'accomplit dans ce que l'on fait. Longtemps j'ai pensé que cela était impossible en ce bas monde, à force de chercher comme une forcenée ma place dans le monde professionnel et dans le monde tout court. J'en ai balayé et nettoyé des couloirs de bureau. J'en ai rangé des dossiers dans des étagères d'archives poussiéreuses, installées dans des pièces sans fenêtre et sans clim'. Et tout ça en CDD ! J'en ai passé du temps à attendre un emploi sous-payé et qui ne correspondait pas à mes études.
Et puis un jour j'ai croisé le chemin de quelqu'un qui venait d'ouvrir une structure associative et qui cherchait un cuisinier ou une cuisinière. Je n'avais pas le diplôme, mais par contre je suis une vraie cordon bleue et j'ai convaincu mon futur boss. Maintenant (ça dure depuis bientôt deux ans), je suis derrière les fourneaux de la Maison des Côteaux que dirige mon "patron", Franck. On accueille des groupes pour des stages de loisirs et de culture. Il me fait confiance et je le lui rends bien.
- Inès, m'a dit Franck l'autre jour, la semaine prochaine, on a un groupe de quinze personnes en pension complète. Avec Jérôme et Rita (Ce sont mes deux collègues qui s'occupent du service et de l'entretien de la Maison des Côteaux), ça vous fera encore un sacré boulot. Mais bon, je sais qu'avec vous, ça tournera bien. Attention ! Cette fois, nous allons augmenter la moyenne d'âge : nous aurons une personne d'un âge certain, il a 78 ans.
Je ne sais pas quelle tête j'ai dû faire, mais Franck a aussitôt rajouté :
- Ne t'en fais pas, j'ai eu un entretien avec ce type. Il est énergique. Bon pied, bon oeil. Et en plus c'est un randonneur invétéré. Alors tu vois, pas de souci à se faire.
Comme à chaque fois qu'un nouveau stage commence, j'ai aussitôt appelé ma copine Laura. Je lui raconte mes impressions d'avant le stage. A la fin , je lui fais un compte-rendu, voir si ça colle avec ce que j'avais imaginé. C'est une sorte de jeu entre nous. Et puis, comme ça, on cause entre filles. En ce moment, Laura en a besoin, elle a largué son mec et ce n'est pas facile.

Dernière modification le 20-07-2008 à 11:36:55
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...

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"Ma juju destresse...ça va bien se passer à chaque fois tu t'en sors...Ecoutes cette semaine je fais à un stage de photographie, tu sais je t'en ai parlé, je pourrais demander au formateur, c'est un photographe professionnel, si il serait disponible. Je ne sais pas ce qu'il vaut mais ça ferait toujours un contact en plus". Bon il faut que je fasse mon sac moi je pars demain, j'ai les billets de train, une voiture viendra me chercher à la gare. "tu veux une bière?sers toi, tu sais où elles sont! ça te dit des pizzas? j'ai plus rien à manger et j'ai pas eu le temps de faire des courses"

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Lever du soleil sur un horizon lointain de montagnes. Mon lecteur CD balance "Left Behind" de CSS (Cansei de Ser Sexy). Du bon rock 2008 pour commencer la journée. La Maison des Côteaux est encore très calme. En dehors du personnel de service, il n'y a personne. Quelques stagiaires sont déjà là. Ils plantent leurs tentes dans le pré derrière. Rita est partie en chercher trois autres à la gare. Ils ne devraient pas tarder à arriver. Justement, je vois la voiture qui débouche de la départementale à une centaine de mètres. Si ceux-là sont aussi sympas que les premiers venus, on devrait passer une bonne petite semaine. Rita gare la bagnole près de l'ancienne bergerie. Deux types et une nana en descendent, tous très souriants...
Tiens la fille, je l'ai déjà vue. Je ne me souviens plus où. Elle aussi semble me connaître. Sûr qu'on s'est déjà vus quelque part.
Ah ! ça y est ! J'y suis ! C'était à la boutique de fleurs près de chez Marie et Jean-Marc. Je laisse sortir un petit rire en coin. C'est pas croyable. La fille à qui j'avais fait le fameux numéro pour un bouquet de dernière minute, est là dans cette barraque de l'arrière-pays pour un stage de photos. Jamais je n'aurais imaginé la retrouver, encore moins dans un stage de photographie. Non qu'elle n'ait pas le profil d'une photographe, mais c'est un question de contexte. C'est con comme souvent on n'imagine les gens que dans leur boulot et pas dans ce qu'ils peuvent être vraiment. C'est encore cette manière stupide qu'on a en Occident de définir les gens par ce qu'ils font et non par ce qu'ils sont. Sans doute ce rythme de vie cartésien imposé à tous, où tout est calculé en heures et en repères vérifiables, contrôlables, et qui ne laisse pas le temps à chacun de connaître l'autre dans son être profond. Enfin, passons sur ces considérations existentielles. La fille s'approche. Elle montre un petit sourire complice. Elle doit se rappeler du numéro que je lui ai fait à la boutique.
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...

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Bientôt arrivée à la gare. J'espère que l'on ne m'a pas oubliée! C'est une dénommée Rita qui doit venir me chercher. J'ai hâte d'arriver le TER n'est pas super confort.Je stresse un peu quand même. Je ne connais personne, bon c'est l'occasion de faire de nouvelles rencontres. Mais ça ne me ressemble pas de faire quelquechose sans la présence d'une amie ou d'un proche. Enfin, il n'y a pas de raisons pour que cela se passe mal.Ca y est, le train s'arrête...Vu le nombre de personnes qui descendent du train, la dame qui semble attendre quelqu'un sur le quai doit être Rita. En effet."Bonjour je suis Lily je viens pour le stage de photographie. Vous êtes Rita?" Ouf c'est bien elle, apparemment il y a deux autres personnes à récupérer, il faut attendre que leur train arrive. Une heure après voilà qui est fait, si j'avais su je me serais levée plus tard. Bon Lily ne commence pas à râler.
Dans la voiture, Rita nous raconte l'histoire de la bastisse où l'on est accueilli, tout ce qui s'y produit...Chaque déballe un peu de soi, histoire de briser la glace.
Une bonne 1/2 heure après, nous voilà arrivés. Une personne semble nous attendre...Tiens le gars , je l'ai dé..., non, ce n'est pas lui! Celui du bouquet de fleur d'il y a deux semaine A qui j'ai failli refuser d'entrer, heureusement que je lui ai vendu. Le monde est plus que petit! Moi qui craignait ne connaître personne!Bon surtout ne te laisse pas désarmer cette fois.
Je sors de la voiture mais je ne peux m'empêcher de sourire...de gêne? peut être...après l'accueil que je lui ai réservé pour le bouquet de fleur! Bref il semble me reconnaître, tiens c'est la 1ère fois que je connais quelqu'un sans savoir son prénom. "Bonjour"..."Le bouquet de fleur a plu?" oui bon c'est tout ce que j'ai trouvé à dire!

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- Oui, je lui dis, la copine était très contente. Et puis, pour être franc, il me fallait absolument un bouquet. Pour des raisons trop longues à expliquer, j’aurais eu l’air con si j’étais arrivé sans. Mais bon j’vais pas vous raconter ma vie. On n’est pas là pour ça. »
En fait j’me trompe. Car notre vie on ne va pas tarder à se la raconter. Pas plus tard que le lendemain. En effet, elle fait partie du groupe « Rando cadrage nature » que j’encadre sur les hauteurs de la bastide. On travaille sur les différentes formes d’éclairage naturel, sur des essais de mise en cadre avec les mains, en utilisant les pouces et les index. Puis, toute la matinée, on multiplie les prises avec des appareils photos numériques sur des cartes mémoire d’une capacité de plusieurs centaines d’images. On s’essaie à des paysages semblables vus sous différents angles, à un paysage unique avec des variations de lumière à différentes heures de la matinée, en utilisant des premiers plans variés et en jouant avec la position des nuages. Le groupe est super sympa. Ces « jeux » suscitent beaucoup de plaisir. On se marre bien.
Un peu avant midi, on utilise des appareils argentiques en photo noir et blanc pour envisager des tirages au labo dans l’après-midi. Au moment de la pause méridienne, on sort le pique-nique. L’ambiance est détendue.
Le hasard (mais est-ce bien le hasard ?) fait que je me retrouve assis juste à côté d’elle. Lilly (c’est son prénom, enfin une contraction issue de Julie, son vrai prénom, d’après ce que j’ai compris), Lilly donc me dit un truc du genre qu’elle n’en revient pas de se retrouver en stage-photo face à un de ses clients, en plus un client un peu particulier. L’expression « un peu particulier » provoque une moue sur mon visage. Illico, Lilly s’empresse de préciser que ce « un peu particulier » n’a rien de péjoratif, bien au contraire. Cela signifie pour elle un client qu’on n’oublie pas parce que c’était un bon moment, en plus tout à fait inattendu. Puis on cause photo, la place que l’image donne à l’imaginaire, à l’émotion. On parle des gens, de la vie, de nos vies justement, des rencontres qui font parfois qu’il y a un avant et un après. Lilly évoque les couleurs et les parfums, la nature et les fleurs bien sûr. C’est incroyable comme son regard vibre, comme ses yeux pétillent, comme sa voix s’enflamme à l’évocation des environnements floraux. Parfois je la regarde, sans presque écouter ce qu’elle dit. Il se dégage d’elle une beauté fascinante, cette beauté qui émane des gens passionnés et qui savent faire partager cette passion.
Sur le chemin du retour, je discute avec un gars prénommé Robert qui me demande des infos sur les différentes sortes d’appareils numériques. Une discussion certes très technique, mais cependant légère à la fois, sous le soleil qui illumine les collines. Je n’arrête pas de penser à Lilly, à son visage éblouissant qui fait jaillir des paysages de roses et de fougères, de trèfles et de dahlias. Il faudrait que ses yeux soient un appareil photo pour les pensées. Les clichés seraient alors aussi réussis que la sensation de ses propos…
Robert sait à présent l’appareil qu’il va acheter. Il compte s’en servir pour son voyage au Brésil dans deux mois. Une randonnée pédestre dans le Nordeste pour le compte d’une association humanitaire.
Après-midi labo. Le stage continue…
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...

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Le stage est très intéressant et Pedro n'est pas si désagréable que ça! Le groupe est composé de personnes très différentes c'est bien de voir d'autres opinions, d'autres façons de voir les choses...J'ai beaucoup sympathisé avec une du groupe. Elle s'appelle Rose avec un tel prénom je ne pouvais que bien m'entendre avec elle. Se sont ses enfants qui lui ont offert ce stage d'habitude elle peint, c'est une artiste à la retraite! Elle dit :"la photographie c'est un peu ce que je fais avec mes pinceaux je capture une image, sauf que je peux rajouter le soleil si il pleut!" Elle me taquine avec Pedro, on dirait ne petite fille quand elle fait ça! Elle a juste remarqué que l'on s'entend très bien et qu'o avait l'air u peu gêné quand je suis arrivée. Elle me répète sans cesse de ne pas tourner le dos à l'amour pei importe ce que l'on a vécu avant et ce que l'on peut vivre après...il faut en profiter quand ça arrive! Elle a sûrement raison mais...
Là nous marchons pour atteindre un lac, et essayer d'approcher certains animaux pour prendre en photo les mouvements!avec une nuit à la belle étoile!c'était pas prévu c'est Pedro qui a eu l'idée vu l'énergie du groupe il a pensé que ça pourrait être sympa!en plus j'ai toujours rêvé de faire ça!!

La nuit… Un espace-temps qui offre un territoire illimité à qui sait ouvrir ses yeux, à qui sait saisir les instants étonnants où le temps est au repos, où la vie s’étire au ralenti et presque en silence. Une fausse pénombre où rien ne se voit d’emblée. Tout se sent comme si nous redevenions des animaux sauvages capables de capter les ondes qui échappent à l’ordre cartésien. Le groupe avance, marchant comme sur de la ouate alors que nous empruntons le chemin qui mène au lac de Servoise. Je ressens cette paix de l’âme, une plénitude qui m’envahit peu à peu.
J’aime cette fausse immobilité qui laisse un espace immense pour faire vivre les images en soi, des flashs photographiques de visages, d’instants de vie qui viennent se poser là devant les yeux. Cette sensation me semble nécessaire pour capter la vie secrète que nous voulons photographier, que nous voulons fixer sur du papier qui racontera dans un instant volé à la nuit une des histoires que personne ne lit jamais. J’ai expliqué cela au groupe avant de partir, avec des mots plus pragmatiques, plus pédagogiques, histoire de ne pas apparaître comme l’illuminé de service, le dingo un peu « space ». Je sais pourtant que Lilly m’a compris cinq sur cinq . Dans des chuchotements qui veulent rassurer nos hôtes nocturnes, elle m’évoque son goût pour le parfum particulier de la nuit. Même les fleurs se livrent à cet embaumement différent, comme si elles étaient ivres d’une pudeur végétale, d’une sorte de retrait odorant qui les rendraient encore plus belles parce qu’on les devine à défaut de les voir. Je veux lui dire la beauté de ses mots, la force de cette évocation. J’hésite un instant. Je bafouille vaguement quelque chose, puis, un peu perdu dans ma pensée, je lance une énorme connerie qui la fait rire. Très vite, elle en étouffe les éclats pour préserver la tranquillité de notre marche. Je connais à présent la difficulté d’exprimer les mots vrais, ceux qui parlent de la fulgurance de l’âme, des idées impromptues qui jaillissent comme ça, sans préméditation, sans calcul. Combien de fois, je me suis vu renvoyer mon supposé idéalisme, ma soit-disante extériorité au monde, ma prétendue manipulation de la pensée. Je sais que les mots ne sont pas entendus pour ce qu’ils sont, passés au crible des valeurs reconnues étant l’ordre des choses. Mes mots n’entrent pas dans ce cadre. Je veux parler de l’instant et du fragile. Certains veulent y voir la voix de l’opportuniste.
Alors je tais ma voix. Mes yeux parlent pour moi. Et je souris à Lilly. A Lilly et à la nuit. Devine-t-elle dans mon regard cette sensation d’intense plaisir de marcher à ses côtés ? Cet enracinement dans le moment présent, en même temps le mouvement alerte et léger des forces qui me meuvent, de sa présence qui m’émeut ? Je ne peux rien dire. Je ne veux rien dire de cela. Qu’importe, je le vis. Je ne sais pas ce que demain m’offrira, ce que je ferai, ce que je serai. Je ne sais pas si je reverrai Lilly après le stage. Ce qui est sûr : ce seront des souvenirs à inscrire dans le territoire de l’inoubliable. Et ça, personne ne me le prendra.

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La marche fut longue et un peu épuisante, mais rien n'est plus agréable de se retrouver en pleine nature sauvage.
Le lac est magnifique et la vue est spectaculaire. Je me suis un peu éloignée du groupe histoire de profiter encore plus de ce qui m'entoure. Pedro a eu une bonne idée de nous amener ici, j'aime comme il parle de sa passion avec les yeux qui brillent et un engouement qui donne envie d'aimer ce qu'il aime juste pour pouvoir en parler comme lui. Il a une attitude étrange avec moi, on dirait qu'il se retient de parler ou d'agir, c'est plutot flatteur dans un sens ça veut dire que je le mets mal à l'aise dans le bon sens j'espère! S'il il savait le bruit que peut faire mon coeur quand il est là, c'est agaçant de sentir fragile mais c'est tellement agréable cette sensation de picotement. Tiens lui aussi a eu envie de s'éloigner du groupe, il s'approche heureusement que la nuit tombe, il ne verra pas mes joues rougir, quand le corps cherche à s'exprimer ça devient gênant! "ça va? tu as eu une bonne idée de nous amener ici!"..."je me suis sentie au milieu de nul part quand on est arrivé au camp, et toute petite au milieu de cette immensité! j'adore cette sensation et puis se calme, c'est agréable!" "tu dis rien?"

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- Quoi ?
- Tu ne dis rien ? me répète-t-elle.
Je la regarde un peu surpris. Mille pensées agitaient ma nuit intérieure comme des constellations improbables qui traversent un être sans vraiment s’arrêter. Ma grande ourse à moi avait le visage de Lilly et ces étoiles brillaient un peu plus que les autres, de sorte qu’elles étaient très visibles, des étoiles du Berger qui auraient parlé de fleurs et de parfum. Chaque mot qu’elle prononçait ouvrait une porte sans gonds « au milieu de nulle part [/i]» dans un désert bleu noir et silencieux, toute « petite au milieu de cette immensité [i]» qui donne des permissions, qui consent à laisser vivre les aveux. Sa question m’a pris de court. Je la regarde. Je lui souris.
- Je ne sais pas quoi dire. Je savoure.
- J’ai un peu froid, ajoute-t-elle, sans que je voie d’emblée le rapport avec ma réponse.
Que veut-elle me dire ? Je ne sais pas pourquoi je passe ma main derrière son épaule, puis je la cale contre moi dans un geste fluide et tranquille. Nous nous asseyons. Elle pose sa tête sur mon épaule.
- Ça ne te dérange pas ?
- Non, me répond-elle sans rien ajouter de plus.
Et nous restons là, plongés dans le silence. Elle ne cherche pas à fuir cet état de circonstances où presque sans mots, nous avons senti le besoin d’être posés l’un contre l’autre et s’offrir à la nuit. Plus loin sous les arbres, certains stagiaires se sont endormis à la belle étoile, dans leur duvet juste à côté d’une lueur de lune telle un feu de camp sans flammes. Lilly a fermé les yeux. Je sens sa respiration qui s’est calquée sur la mienne. Etrange situation où le silence est rempli de ce que nous ne nous sommes jamais dit. Les pensées indicibles. Les peurs d’être allé trop loin. Puis la force et la fragilité de ces instants que pour rien au monde nous ne voudrions échanger. Dans cet univers sans frontières qui s’étale devant nous, le mot « Propriété » n’existe pas. Nous ne possédons rien et nous ne nous possédons pas non plus. Nous captons seulement le présent et nous le laissons vivre, sans questions inutiles ou parasites. Appuyé contre un tronc d’arbre, je ferme à mon tour les yeux. Lilly dort profondément. Elle s’est lovée encore davantage contre moi. Me reviennent alors les souvenirs de cette soirée de photos nocturnes, la chouette ambiance au dîner plein air. Lilly dort. Et, les yeux clos, je savoure chaque seconde de cette nuit pour qu’elles se transforment en traces indélébiles dans la mémoire, et que je les sente longtemps... Longtemps... Longtemps…



Dernière modification le 10-10-2008 à 22:14:30

Dernière modification le 10-10-2008 à 22:14:35

Dernière modification le 11-10-2008 à 09:11:02

Dernière modification le 11-10-2008 à 09:21:51
Heureux les fêlés parce qu'ils laissent entrer la lumière...



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